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« Mondialisation et diversité culturelle » Sous le haut patronage du Professeur Ndiawar SARR, Recteur et Président de l’Assemblée de l’Université, le Centre Culturel Français de Saint-Louis et l’UFR de Lettres et Sciences Humaines ont organisé à l’UGB une conférence donnée par M. Eric Orsenna sur le thème « Mondialisation et diversité culturelle ». Cette conférence a eu lieu dans la matinée du samedi 17 avril 2004 à l’amphithéâtre Madické Diop, en présence des autorités académiques, des étudiants, des élèves et de nombreux invités.
Tour à tour, Monsieur Jean Marc Fratani, Directeur du Centre culturel, Monsieur Papa Sékou SONKO, Secrétaire Général de l’UGB, les Professeurs de Lettres, Daouda MAR, Banda FALL et Boubacar CAMARA ont dressé avec brio le portrait de M. Eric Orsenna, un académicien de la dernière génération, un prodige épris de la Science, de la Culture et des Belles-lettres. De prime abord, l’Académicien s’est efforcé de tracer les contours du concept de mondialisation. L’hypothèse centrale de son argument se résume ainsi : la mondialisation ne constitue pas en soi un phénomène historiquement nouveau, puisque de tout temps les êtres humains se sont rencontrés et se sont formés, mais les dynamiques sur lesquelles elle s’appuie aujourd’hui présentent des caractéristiques inédites. Le fait nouveau est marqué par la vitesse des informations mais surtout par l’intensification des échanges économiques à l’échelle mondiale. C’est ce changement fondamental dans la problématique de la mondialisation qu’il faut appréhender. Au regard de ce nouveau phénomène, la mondialisation contribue de façon décisive au développement économique mondial, a-t-il martelé. A titre illustratif, il souligne que le grand marché de la mondialisation a permis certains pays d’Asie du Sud-Est de sortir du sous-développement. Et l’Afrique dans tout cela ? Le point de vue de l’académicien est formel « l’Afrique refuge le développement » compte tenu des donnée statistiques liées à son faible apport dans les échanges commerciaux à l’échelle mondiale. Pour ce qui est des rapports entre la diversité culturelle et la mondialisation, l’idée argumentée porte sur les enjeux économiques et les défis de sauvegarder l’identité culturelle de chaque peuple. Dans une vision positiviste, M. Eric Orsenna a mesuré l’importance de la diversité culturelle et la nécessité grandissante de s’attaquer à cette question dans le contexte de la mondialisation et de libéralisation des échanges. L’évolution du cadre normatif du commerce international, qui forme pour ainsi dire l’ossature de la mondialisation, peut représenter un moteur puissant de développement mais aussi une menace de l’uniformisation des idées et des modes de vie. Selon l’Académicien, tous ceux qui sont attachés à leur histoire, à leurs traditions, à leur langue, à leur philosophie ou à leur religion éprouvent angoisses devant la menace de l’uniformisation des valeurs culturelles. Aucune civilisation ne peut se targuer de représenter toute l’humanité ou d’en assurer toute la responsabilité. Pas plus qu’une civilisation ne peut imposer au monde son modèle de vie. Il urge alors de rétablir l’équilibre entre la diversité culturelle et les impératifs de la mondialisation par des résistances à la ressemblance et par la nécessité de promouvoir le dialogue des cultures, de renforcer le respect et la coopération mutuelle entre les civilisations, conditions nécessaires pour la diffusion culturelle dans le monde. Toutefois, M. Eric Orsenna a attiré l’attention du public sur les dérives culturelles liées à « l’enfermement identitaire » qui peuvent favoriser un climat d’intolérance frisant fréquemment la haine et le rejet de l’autre. Au terme de son exposé, les discussions ont porté essentiellement sur les concepts flous et ambigus de la notion de développement par rapport à l’Afrique.
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