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Conférence sur le thème « 72 heures du commerce équitable »,
thème de la manifestation culturelle organisée par SEN-ALTERNATIVES à l’Université Gaston Berger

En partenariat avec « OXFAM international », l’association SEN-ALTERNATIVES a organisé à l’Université Gaston Berger, du vendredi 09 mai au dimanche 11 mai 2003, une manifestation culturelle dénommée « 72 heures du commerce équitable », avec une diversité d’activités.

Présentation de SEN-ALTERNATIVES

SEN-ALTERNATIVES a été porté sur les fonts baptismaux en mars 2001 par des étudiants de l’Université Gaston Berger.

Comme son nom l’indique, c’est une association apolitique qui œuvre pour une alternative au système de la mondialisation dominé par une pensée unique et par les intérêts d’une poignée d’individus.

L’objectif de SEN-ALTERNATIVES est de lutter contre les effets pervers de la mondialisation, notamment le déséquilibre du commerce international entre les pays du Nord et ceux du Sud. Sur ces entrefaites, SEN-ALTERNATIVES défend avec acharnement l’idée d’un commerce équitable, et s’associe avec toutes les organisations qui militent en faveur d’une mondialisation plus rationnelle.

Analyse des causes du déséquilibre du commerce international

Tel est le thème de la conférence animée par M. Mamadou Birane Dièye, représentant d’« OXFAM international » à Dakar.

A l’entame de son propos, le conférencier considère que le système commercial international actuel est indéfendable.

Il ressort de son analyse un constat alarmant : les inégalités continuent de se creuser dans le monde, malgré la globalisation du commerce. Le problème n’est pas engendré par l’inégalité des ressources entre le Nord et le Sud mais par les règles qui régissent les échanges mondiaux.

De nos jours, le commerce international recèle un véritable paradoxal. Dans le monde globalisé, le commerce international représente l’une des forces les plus puissantes qui régissent nos vies. Il est également une source sans précédent de croissance des richesses. Cependant, des millions de personnes parmi les plus pauvres du monde sont laissées pour compte. La prospérité croissante des nations industrialisées est allée de pair avec une pauvreté massive des nations du Tiers-Monde.

Par ailleurs, le discours des gouvernements des pays riches met en permanence l’accent sur l’engagement en faveur de la lutte contre la pauvreté. Pourtant, ces mêmes gouvernements utilisent leur politique commerciale pour réaliser ce qui équivaut à un vol caractérisé contre les plus pauvres.

En fait, lorsque les pays en développement exportent vers les marchés des pays riches, ils sont confrontés à des barrières douanières quatre fois plus élevées que celles que les pays riches doivent franchir.

Aussi, les matières premières qui font vivre une grande partie des producteurs du Sud voient leurs cours sur le marché mondial s’affaiblir d’année en année, en raison de la forte pression des intermédiaires (multinationales, commanditaires, groupes industriels). Et dans ce cadre d’échanges inégaux, les pays riches imposent leurs prix et leurs conditions d’achat aux pays pauvres.

Toutefois, le conférencier estime que cette situation, pour le moins qu’on puisse dire, calamiteuse peut réellement être corrigée par des préceptes préconisés par les promoteurs du commerce équitable, un commerce social dont le but n’est pas la recherche du profit maximum mais l’amélioration des conditions d’échanges.

Sur ce point, la campagne d’OXFAM pour un commerce équitable vise à changer les règles qui régissent le commerce mondial actuel. En clair, il s’agit d’un ensemble de mesures préconisées, dont les plus importantes sont :
- la réduction générale des droits de douane appliqués aux exportateurs des pays en développement ;
- la levée des mesures préétablies par la Banque Mondiale et le FMI, qui forcent les gouvernements des pays du Sud à libéraliser les services vitaux ;
- la reconnaissance du droit des pays en développement à protéger leurs systèmes agricoles à des fins de sécurité alimentaire.

« Le problème de la commercialisation interne et externe des produits de la vallée du fleuve Sénégal : quelles solutions durables envisagées ? »

En plus de la question du déséquilibre du commerce international, une autre question a été soulevée, celle de la difficulté de commercialiser les produits nationaux, plus précisément les produits de la vallée du fleuve Sénégal.

Cette question a été l’objet d’une table ronde animée par M. Charles Fall, M. Yaya Dia (experts de la SAED) et M. Salla Dior Dieng (enseignant à l’UFR de Sciences Economiques et de Gestion et Spécialiste de l’agriculture).

En amont, la fiche technique proposée par les animateurs de cette table ronde repose sur l’évaluation systématique des produits de la vallée, composés essentiellement de riz, d’oignon, de tomate et de patate douce.

Selon M. Yaya Dia, ces produits ont connu une expansion considérable avec la mise en service du barrage de Diama.

Toutefois, il estime que ces produits subissent une concurrence déloyale, en raison de la libéralisation à outrance qui pose par conséquent le problème de l’écoulement des stocks des productions locales notamment la production du riz. Cette situation entraîne subséquemment
- un retard dans le recouvrement du crédit déchu ;
- une perte de crédibilité auprès de la CNCAS.

De l’avis de M. Charles Fall, la libéralisation du commerce du riz constitue un véritable désastre pour le riz local. Il souligne, à juste titre, que les importations du riz se sont faites sans contrôle de la qualité alors que le riz local, reconnu pour sa qualité, souffre actuellement d’un problème de promotion et, à la limite, de sécurité alimentaire.

Pour sa part, le professeur Salla Dior Dieng pense que la question du riz doit être abordée non seulement en termes de sécurité alimentaire mais aussi en termes de souveraineté nationale.


Dans tous les cas, la table ronde recommande
- une meilleure subvention de l’Etat, à l’instar du coton et de l’arachide ;
- la mise en place d’un fonds d’assurance rurale qui permettrait une meilleure protection du riz local ;
- la relance, par l’Etat, de la politique du « consommer local ».

S’agissant du commerce international, le Sénégal, affirment les animateurs, prépare activement les prochaines négociations sur l’accord agricole de l’organisation mondiale du commerce destinée à la filière du riz, prévues au Mexique en septembre 2003.

L’argument, par ailleurs, avancé par M. Yaya Dia est que le riz de la vallée est rentable et peut, à l’état actuel, être compétitif sur le marché international.

Après cette table ronde, SEN-ALTERNATIVES a invité tous les participants à visiter l’exposition des produits de la vallée au niveau de la Cafétéria du Crous. Le lendemain matin, une visite guidée a été effectuée dans le zone du delta aménagé.

 
     
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