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« Médias et démocratie au sénégal : Etats des lieux et perspectives » thème de la table ronde organisée par l’URED à l’UGB

 

Sous l’impulsion du Professeur Baydallaye KANE, Rédacteur en chef de la Revue URED, une thématique d’actualité a été l’objet d’un débat autour du thème « Médias et démocratie au Sénégal : Etats des lieux et perspectives», thème animé par Monsieur Moussa DIAW, Chef de section de Science Politique, Monsieur Abdoulatif COULIBALY, Directeur Général de SUD FM et l’écrivain philosophe M. Alpha SY, Modérateur. Cette importante manifestation scientifique, qui a vu la participation d’un public nombreux, s’est déroulée dans l’après midi du mercredi 09 juin 2004 à l’amphithéâtre A, sous la présidence du Professeur Gora MBODJ, chargé de l’intérim de Monsieur le Recteur.

D’entrée de jeu, Monsieur Moussa DIAW a tenté de cerner les concepts de « médias » et de « démocratie » pour mieux élucider leur rapport dialectique.

Dans sa communication, on peut tirer des enseignements majeurs.

Selon Mr Diaw, la notion de démocratie au sens moderne du terme renvoie à l’idée du pouvoir du peuple, l’égalité du droit des citoyens, alors que le mot "média" signifie tout moyen permettant l’expression et la communication de la pensée.

S’il est vrai que tous les individus ont droit à l’information, il n’en demeure pas moins exact que les médias constituent des moyens d’expression essentiels au fonctionnement de la démocratie. En même temps, ils jouent un grand rôle dans la formation de l’opinion publique.

Il faut simplement dire que dans une démocratie, les médias permettent aux différents courants d’opinion de s’exprimer. Cette logique aboutit à un jeu triangulaire entre les hommes politiques, l’opinion publique et la libre communication des pensées. Courroie de transmission entre le pouvoir et le peuple, le pluralisme des médias aide aujourd’hui au fonctionnement de la démocratie dont il est une condition essentielle.

Au Sénégal, le pluralisme des médias est lié à l’évolution politique. De plus en plus, l’information unidirectionnelle s’amenuise devant l’émergence d’une presse privée qui inspire confiance et suscite l’adhésion du peuple.

Avant de conclure, Mr Diaw revient à titre d'illustration sur les enquêtes de l’équipe d’Afrobaromètre effectuées au Sénégal en 2002, enquêtes qui révèlent que 64% des sénégalais accordent plus de confiance à la presse privée pour s’informer.

Dés lors, en quoi le rôle de la presse privée a été important dans l’évolution politique au Sénégal ?

 Aussi la presse privée a-t-elle porté le parti démocratique sénégalais au pouvoir ?

 Les médias peuvent-ils représenter un danger pour la démocratie ?

 Existe-t-il une objectivité dans le traitement de l’information ?

Autant de questions adressées à Monsieur Abdoulatif COULIBALY à la suite de sa communication introductive.

La communication, telle qu’elle est perçue par Monsieur Coulibaly est la base de l’existence de tout individu et de toute communauté.

Depuis 1979, l’Etat sénégalais a promulgué une série de lois portant organisation de la profession des journalistes, et parmi ces lois, il existe une loi majeure qui confère tout citoyen le droit d’exprimer librement son opinion dans les journaux.

Certes la loi sur la liberté de la presse a permis l’éclosion de la presse privée au Sénégal mais l’Etat n’a pas abandonné la censure, le délit de presse relatif à la diffusion des fausses nouvelles.

A cet effet, Mr Coulibaly souligne que le syndicat des journalistes est en train de se battre contre cette mesure coercitive que la France a abandonnée depuis le début du siècle dernier.

Et malgré plusieurs velléités de museler la presse privée, les journalistes continuent d’exercer librement leur métier. La mission première des journalistes est d’informer le peuple, d’éduquer la conscience des citoyens.

Symptomatique d’un changement d’esprit, la presse privée est au fur et à mesure prise au sérieux (par exemple : « je ne dois pas faire cela parce que la presse va s’ensaisir »). A force de donner des informations libres, plurielles et fiables, les acteurs politiques modifient de plus en plus leur façon de faire.

En outre, un équivoque a été levé : la presse privée n’a pas été à l’origine de l’alternance politique au Sénégal, du moins, elle a joué un rôle accompagnateur dans le processus démocratique. Le moteur de toute démocratie réside dans la liberté d’expression. Soumis à une éthique (exactitude de l’information et vérification des sources) les journalistes sénégalais ont de nos jours des responsabilités accrues pour répondre aux attentes des citoyens, pour garantir l’égalité d’accès, le pluralisme de l’information et la neutralité dans le respect de la liberté d’opinion. Le souci constant des journalistes est de défendre la vérité, et par ricochet, la démocratie. Celle-ci d’ailleurs exige la transparence absolue dans le mode de gestion politique, économique et social. Toute restriction à l’accès à l’information ne pourrait avoir lieu que pour des raisons particulièrement contraignantes telles que celles qui sont nécessaires à la protection de la démocratie.

En conséquence, Mr Coulibaly soutient qu'une information fiable ne peut pas porter atteinte à la démocratie.

Par ailleurs, il a été démontré qu’une information ne saurait être objective mais honnête. Informer c’est faire part de son honnêteté dans le traitement de l’information. Dans ce sens, tous les efforts sont faits pour livrer une information honnête à travers la pluralité des sources. En tout état de cause, les citoyens ont besoin ce genre d’information pour comprendre un monde de plus en plus complexe.

En définitive, le débat a été fructueux, à la limite instructif, et les participants ont pensé en toute liberté et ont exprimé librement leur opinion.

 
     
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