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LE SENEGAL ET L’UNION AFRICAINE

M. Cheikh Tidiane Gadio,
Ministre des Affaires Etrangères et
Pr Ndiawar Sarr, Recteur de l'UGB

Le Vendredi 25 Mars 2005 l’URED (Université, Recherche et Développement) a organisée une grande conférence sur le thème : le Sénégal et l’Union Africaine. La conférence a été animée par Monsieur Cheikh Tidiane GADIO, ministre des Affaires Etrangères.

Après la présentation du conférencier faite par Monsieur Alioune Badara DIOP, enseignant à l'UFR de Sciences Juridique et Politique qui s’est trouvé être le modérateur de la conférence, Monsieur, le Recteur a remercié le Ministre de sa disponibilité et son dévouement à l’éducation. Monsieur le Ministre des Affaiers Etrangères amorce sur la genèse de l’Union Africaine par l’épuisement de la mission de l’OUA (Organisation de l’Unité Africaine). Il rappelle le contexte de l’OUA qui a épuisé sa mission et donc rendu nécessaire la mise en place d’une organisation d’où la vision de l’Union Africaine. En effet, bien qu’existant, l’OUA n’a pas pu faire grand-chose par rapport aux maux qui ont touché le continent:

* 45 % des Africains ont vécu au dessus du seuil de la pauvreté
* 31 Millions d’enfants ont été mal nourris
* 68 % des adultes et 80% des enfants sidéens ont été des Africains ; ce qui a fait que les ¾ des morts du sida sont des Africains
* 26 conflits armés entre 1968 et 1998 (37 conflits depuis 1960) ; dont 7 Millions de morts et les pertes subies sont estimées à 125 Millions de Dollar américain.

Alors, la création d’une nouvelle organisation beaucoup plus efficiente est une nécessité et le Sénégal est le pays phare pour cette noble initiative. Ainsi, notre cher pays prend les devants sur toutes les décisions et à chaque sommet d’où son surnom de « Gazelle du continent ». Le 12 Juillet 1999, au sommet de l’OUA à Alger le président libyen a fait un plaidoyer en faveur d’un congrès panafricain · Le 09 septembre 1999, le sommet de Syrte est consacré à la création de l’Unité Africaine, accélérant le processus d’Abuja sur l'annulation de la dette africaine et de la résolution des conflits. En Juillet 2000 à Togo, 27 chefs d’état ont été présents à ce sommet, mais l’intervention du Président sénégalais a été la plus captivante. En effet, le Président Wade a invité ses homologues à oser dépasser la léthargie de l’OUA:

- en proposant un Président de l’Unité Africaine (UA)
- en préconisant un ministre fédéral chargé des infrastructures, de l’environnement et de la santé.
- en changeant le statut des commissaires en ministres fédéraux
- en faisant la radioscopie de la dette par l’identification de ses mécanismes pour envisager de sortir de la spirale de l’endettement
- en proposant un « come back » des intellectuels africains pour leur contribution à la construction de l’Afrique.

Toujours est-il que le Ministre d'Etat nous a fait un brillant exposé sur le rôle prépondérant du Sénégal dans la bonne marche de l’organisation.

En fait, le Sénégal a organisé une grande conférence sur la dette les 4,5 et 6 Mai 2000 à Dakar. En Juillet 2000 à Lomé et sur proposition du Sénégal, l’Union Africaine (UA) a envoyé une délégation de 7 chefs d’état en Côte d’Ivoire pour prévenir le chaos dans ce pays. Le Sénégal déplore que l’acte constitutif de l’UA ait occulté la diaspora africaine et n’ait pas mentionné la contribution des femmes dans l’organisation.

Déjà en 1960, la constitution sénégalaise a préconisé l’abandon partiel de souveraineté ; ce qui fait du Sénégal un pays avant-gardiste. En visite au Libéria, le Président sénégalais recommande la mise sur pied des assises de la paix, en demandant ouvertement au Président libérien de démissionner de la présidence pour sauver son peuple de la tragédie. Cette requête est maintenue par le Sénégal aux Comores. Parallèlement, le Sénégal a su orienter souverainement sa diplomatie pour un meilleur rapprochement avec la Grande Bretagne, les Etats-Unis, Cuba, la Libye, l’Iran…

L’Union Africaine bien assise, le Sénégal se donne un nouvel objectif, à savoir l’évolution de l’organisation. Ainsi, à chaque sommet, le Sénégal s’impose de par ses plaidoiries. Au sommet de Lusaka en 2001 le Sénégal a fait deux innovations de taille:

- d’abord, il met en garde contre la marginalisation du Maroc et prône pour son retour au sein de l’UA. Ainsi, il obtient avec le soutien de 30 états.

- Ensuite, il lance la nouvelle initiative africaine à savoir le Plan Oméga + MAPE +Agenda africain

- Au sommet de Durban en Afrique du Sud, le Sénégal a soutenu 3 points:
1- l’acte constitutif qui sera adopté sous sa direction
2- adoption du Swahili comme une langue de l’UA
3- adoption d’une proposition tendant à nommer une commission femme pour instituer le principe de la parité.

- Au sommet de Maputo au Mozambique; le Sénégal a émis 2 propositions:
1- la reconnaissance d’une double diaspora car considérée comme le 6ème continent
2- la procédure à suivre pour le financement de l’organisation.

Bien qu’étant parmi les plus actifs des pays de l’UA, le Sénégal reste une nation où les thèmes et objectifs de sa diplomatie sont favorisés. Par conséquent, la solidarité numérique, le festival des Arts Nègres, la conférence des intellectuels africains, la conférence sur l'endettement et l’engagement panafricaniste constituent des atouts majeurs pour une fédération africaine.

Dans le précepte des deux grands enjeux de l’Union Africaine, à savoir la mise en place des institutions fédérales et la réforme du conseil de sécurité en vue d’une obtention d’un droit de veto, le Sénégal s’est engagé dans une mission d’équité au niveau des grandes instances de l’ONU entre l’Afrique et les grandes puissances. Sur ce ponit, le Sénégal a proposé qu’un ou deux états de l’Union soit un membre permanent de l’ONU avec un droit de veto ; alors que certains étaient pour l’entrée de 6 états sans droit de veto et d’autres pour 8 membres sans droit de veto. C’est la proposition du Sénégal qui a prévalu avec le soutien de la France et de l’Allemagne.

C’est sur ces propos que prend fin la communication du ministre sur le sujet : Le Sénégal et l’Union Africaine.

Dans l’après midi, le ministre d’état s’est rendu à l’école Prytanée Militaire Charles TCHORERE de Saint-Louis où il a effectué tout son cycle secondaire. Ancien enfant de troupe, le Ministre et la délégation qui l’accompagne ont reçu tous les honneurs militaires. Et c’est avec beaucoup d’émotion que le Ministre a retrouvé cette prestigieuse école aux dimensions panafricaines, et dans laquelle il a appris à servir son pays avec dignité. Avant de terminer cette visite, il a remercié les élèves pour la qualité de l’accueil qu’ils lui ont réservés ainsi que les professeurs, le directeur des études et le colonel commandant de la zone militaire 2 pour leur disponibilité, leur courtoisie et leur acte de prévenance.

 
     
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