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Université et les défis de la Mondialisation :
Le cas des études littéraires

L’Université joue un rôle essentiel dans la société dont elle participe au façonnement. Or un organisme social se définissant par le mouvement permanent, cette institution, à côté de sa fonction de préservation des valeurs fondatrices d’une nation, doit aussi, en tant qu’instance critique, remplir avec discernement sa mission d’Avant-garde.
Ainsi il est important que les produits de la formation universitaires soient en phase avec les besoins de la société en général et du marché de l’emploi en particulier. Cette articulation des enseignements dispensés avec, l’environnement national et mondial, cette mise à jour régulière des curricula dans un monde « mouvant » (pour parler comme Henri Bergson) est essentielle si l’on veut éviter, comme dans les disciplines littéraires, le déphasage entre la formation dispensée et l’environnement.
Cet état de fait est d’autant plus dommage et incompréhensible que la section (ou département) appelé Français (ou encore Lettres Modernes) a vu son champ d’investigation connaître une extension décisive. Désormais, avec les développements des matières devenues disciplines pilotes que sont la linguistique et la sémiotique ce qu’on appelle traditionnellement Etudes littéraires s’intéresse plus largement à la communication (littéraire et non littéraire) à partir des textes. Dès lors, l’étudiant qui a suivi un tel curriculum, en plus de sa maîtrise de la langue, son sens critique acquis par l’apprentissage des différentes méthodes d’analyse ainsi que son goût esthétique, possède toutes les compétences essentielles qui lui permettraient sans difficulté de s’engager dans les métiers de la communication.

Le système L.M.D (Licence Master Doctorat), dans lequel les universités sénégalaises sont appelées à s’engager à court ou long terme, se fixant pour finalité principale d’assurer l’insertion de l’Université dans l’environnement produit par la Mondialisation, il est nécessaire de réfléchir à la redéfinition des frontières des disciplines. Cette réorganisation rendue urgente par les raisons épistémologiques et professionnelles déjà évoquées permettrait aux étudiants, à moindre coût, de construire un projet de formation adapté au milieu. Ainsi les Etudes Littéraires (qu’il faudra, bien entendu, rebaptiser en intégrant les différentes les différentes facettes de la communication), grâce à la mise en place d’un curriculum qui intègre toutes les données précédemment soulignées, éviteront aux étudiants, une fois leur Licence ou Maîtrise obtenues, de s’engager dans des études différentes alors qu’en réalité rien n’empêche rien que la Licence d’ « Etudes Littéraires » œuvre à des Masters et Doctorats de journalisme, conseil en communication (aussi bien dans les entreprises que dans le milieu politique), critique artistique, industrie culturelle, théorie de la communication, communication interculturelle…. Cette formation comprendrait bien sûr, quelle que soit la spécialité considérée, une maîtrise suffisante, assez approfondie, de l’outil informatique.

Ces adaptations ne doivent pas être considérées comme révolutionnaires. Bien au contraire elles doivent être régulières, systématiques puisque c’est dans la définition de l’Université que de constamment PENSER, le nouveau.
Penser le nouveau non pas pour l’adopter aveuglement, sans lecture critique (ce ne serait pas alors penser) mais afin de contrôler les données nouvelles. Dans cette perspective cet élargissement du champ des « Etudes Littéraires » permettrait de former des professionnels de la communication (artistique, culturelle…) d’une conscience critique élevée et essentielle quand on connaît les enjeux de la communication. Au fond, techniquement, la littérature a été de tout temps une analyse critique de la communication.

Monsieur Boubacar CAMARA
Maître Assistant

 
     
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