A paraître bientôt: Langues et littératures, N°23 --- Safara, N°16 --- Gradis, N°3 --- Geraha N°3

Note utilisateur: 0 / 5

Etoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactivesEtoiles inactives
 

Le Désordre du Discours de la Télévision Sénégalaise: Le Langage “No Stress”

Baye Massaer PAYE, Université Assane Seck de Ziguinchor

 

Télécharger l’article en version PDF 

 

La nature même de la communication humaine et du langage – fait social par excellence – conduit ou devrait conduire à une approche intégrée des phénomènes linguistiques. Les approches sociolinguistiques et celles décrites comme relevant de l’analyse critique du discours (Critical Discourse Analysis) sont à l’origine des projets interdisciplinaires revendiquant une méthodologie de recherche plurielle questionnant des actes et pratiques langagières. En conséquence, comme dans le cadre des émissions télévisées, différents acteurs se positionnent en développant un « véritable langage qui évolue au gré de l’imagination et des situations rencontrées » (Schönwasser, 2004, p.44).

Ces nouvelles pratiques langagières des media révèlent des phénomènes interactionnels qui construisent de nouveaux registres dans le cours d’échanges indiquant des « moments linguistiques » permettant de traquer le sens des mots et des phrases en sachant que le langage ne fait que simplement désigner la faculté qu’ont les hommes de communiquer librement. Cette orientation dans l’analyse des pratiques discursives est le plus souvent très présente dans l’analyse du discours médiatique et elle est consubstantielle des courants de la ‘critical discourse analysis’ (voir, en particulier, Fairclough 1992, Van Dijk 1993, Wodak 1996) et développe une « mise en spectacle de l’information » (Charaudeau, 1997).

Cette étude a pour but d’opérer une analyse critique des actes du discours (Speech Acts) des animateurs des télévisions urbaines du Sénégal (Sen TV, TFM, etc) en allant au-delà d’un structuralisme simpliste pour promouvoir et révéler a travers la complexité et la diversité des performances verbales des différents « Speaking Subjects », une multitude de niveaux d’analyse. Les différentes pratiques discursives observées au niveau des Télés urbaines traduisent l’avènement de la « BéguéLect », un ensemble de codes langagiers qui reflètent de nouvelles manières d’être et de penser de la société sénégalaise.

Les animateurs des télévisions urbaines qui symbolisent une nouvelle forme de « psychologue conseillers » nous offrent quotidiennement des « Lépp Scénarisés » qui font la promotion du « Langage Super Bougna ». ‘ Le langage Super Bougna est un langage novateur et provocateur, un code langagier image et pourvoyeur d’une sémantique plurielle. Le néologiseur ressemble souvent a son invention, les acteurs des télévisions urbaines reprennent les pratiques linguistiques des jeunes, des comédiens, des danseurs et des lutteurs. A travers ces scenarii, les media construisent de nouvelles pratiques langagières et de nouvelles identités.

  

  1. Et Si on refusait d’être des Gérrs : La Sargalomania et les nouvelles formes de marketing (Gereum)

L’enjeu de l’acte de langage ne se trouve pas tant dans son explicite (langue) que dans l’implicite (discours) qu’il véhicule. Cela nous amène à constater que tout acte de langage a, de façon constitutive, une double dimension explicite et implicite, indissociable l’une de l’autre. Et l’on peut se demander à quoi tient cette différence entre ce que l’on pourra appeler une sémantique de langue qui se trouve catégorisée et répertoriée dans les grammaires et les dictionnaires et une sémantique du discours qui ne s’y trouve pas ?

On répondra, dans un premier temps, que cette différence est due à la prégnance du contexte dans lequel s’insère l’énoncé. Mais, qu’est-ce que le contexte ? Car, ici, il ne s’agit pas seulement de ce qui constitue l’environnement linguistique immédiat de l’énoncé considéré (ce qui le précède et ce qui le suit). La télévision peut être envisagée comme une société du spectacle mettant en œuvre des codes langagiers qui doivent attirer l’attention des récepteurs tout en les informant a travers des indices de divertissements imaginatifs.

Il s’agit, ici, d’une situation d’énonciation qui nous oblige en tant qu’analyste à nous interroger sur l’identité de celui qui parle (l’animateur) et sur la finalité de l’échange qui détermine l’enjeu de signification de l’échange langagier. En outre, il nous faut mobiliser un savoir culturel et social allant au delà du contenu de ce système linguistique, mais aussi celui contenu et véhiculé par un ensemble de discours qui ont été produits par le groupe social auquel appartient le sujet parlant. Par exemple, dans les énoncés suivants « Géeweul yi ñoyy étuwalu  réew mi », « Domu Guéweul La », « Maane sama askaan moyy guéweul »,  « Samba Mbayaane. », on ne pourra inférer l’implicite ou la revendication d’un capital culturel et linguistique selon les termes de Pierre Bourdieu que si l’on sait qu’un animateur télé, selon le registre communicationnel qu’il pratique, veut s’identifier a un groupe social spécifique (Les griots). Ces maitres de la parole qui encense, la parole qui exagère, la parole qui éblouit, ont su développer une activité langagière mobilisant pas seulement une mémoire linguistique, mais également une mémoire situationnelle et discursive.

S’agissant du signe, on sera amené à distinguer, dans un rapport de complémentarité, un signe linguistique de langue et un signe linguistique de discours. Le signe linguistique de langue, est investi de sens par un contexte linguistique qui doit assurer une réalité du monde dont il construit la signifiance. Le signe linguistique de discours se définit selon une double dimension : situationnelle, car il dépend pour son sens des composantes de la situation de communication, inter discursive, car son sens dépend également des discours déjà produits qui constituent des domaines de savoir normés.

A travers ces signes linguistiques de discours, les acteurs télé, promoteurs de la société du spectacle, profitent de cet univers télévisuel pour remercier leurs marabouts, leur habilleur, leur coiffeur, leur patron et ceux qu’on identifie comme des ‘Kilifeu’. Selon, l’animateur télé doit comme le dirait Pape Cheikh Diallo « remercier Kom Nuka  ñepp di déffé » car il se considère comme un ‘domu géweul’ même s’il est un ‘geer’ (noble) ou plutôt un ‘géer boo yakoo’. C’est seulement l’apogée de la sargalomania pour ne pas dire le ‘Samba Mbayaane’. Au niveau des télévisions urbaines, c’es tous les jours l’anniversaire de quelqu’un, en particulier un V.I.P (very important person) et il faut tout le temps remercier son Boss ou son marabout. ‘ñii  ngui geremm Serigne abbo bu serigne Fallu’,  ‘ñii ngui  ñanaal  Youssou Ndour, Bouba  Ndour’, ‘Bougane  Samma Patron Kena dou Momm’, Ma nguiyy Sargal Boss bi’, ‘ Sargal smma Yayoo bopp’ puisque ‘kuu Limm Juum’.

Il faut toujours remercier ses bienfaiteurs car comme disait l’autre ‘Ki Samma  xaritt la,  ‘Té Ma koyy yokoo buzz’. En tant qu’animateur télé qui se respecte, il faut toujours ‘sargaliser’ une grande dame qu’on appellera ‘samma yaye’ ; celle-ci est d’habitude une grande diva ou commerçante et elle habite en Europe ou dans le pays de Donald Trump, la société qui banalise la tromperie et l’érige en vertu. Donc si on vous dit ‘Koyy Tagoo ? Koyy Begue ? Vous repondrez ‘samma yaye’, ‘samma tailleur’, ‘Samma coiffeur’, un nouveau membre de la Jet Set, ou ‘samma serigne’.

 

2. Et si Freud avait raison : Une Nouvelle Construction sociale de la Sexualité

Au niveau des télévisions urbaines du Sénégal qui ont tendance à développer une nouvelle scénologie du spectacle, on peut déceler de nouveaux codes langagiers qui énoncent des actes du discours mettant en valeur ce qu’on appelle la ‘civilisation du Assalo Assa Bombé’. Ce nouveau langage urbain est le symbole de nouvelles pratiques et croyances sexuelles banalisées et légitimisées par une nouvelle intellligentsia sociale, celle des acteurs et animateurs télé.

Ces nouvelles expressions sexuelles développées par les jeunes et reprises par les animateurs mettent en avant des énoncés linguistiques révélateurs de nouveaux comportements et croyances débridés. ‘Soll Toobayy’, ‘Déff Bodi’, ‘Soll Ba’, ‘Patchial sayy wénn’, ‘Déffar ba moo baax’, ‘tabax bamoo kaawé’, ‘Maane féssagooma bayy toouru’ , ‘Xalé boo Toyy’,  ‘Xalé boo Sexy’. Ces expressions imagées symbolisent l’avènement de la nouvelle femme sénégalaise, une femme libre, maitresse de son corps et désireuse de la mettre en valeur par tous les moyens a travers une recherche perpétuelle d’amants ou de maris imaginaires. Cette femme est toujours a la recherche de compliments mielleux et la gente masculine est prompte a lui déclarer que ‘Yaa koy daggaté’ ( you are the one) pendant que celle-ci répond ‘Maane féssagooma bayy toouru’.

Cette réponse très sexuelle a un sens péjoratif voire vulgaire. Cette femme, maitresse de son corps a suffisamment de moyens pour mijoter de petits plats comme amuse-gueule, elle n’a pas envie d’un homme et est sexuellement satisfaite. C’est pourquoi elle dira à tout le monde ‘Loo ma namma togàntuko’ ‘yako téré nekh’, ‘Mayy bombe’  pendant qu’elle mettra en valeur ses atouts physiques’ Déff sooñu Bax’ en espérant avec contradiction que l’homme lui dira ‘Ya maay daanél’. En plus, une femme doit être belle et sexy ‘Djiguénn boo bax da ngayy amm ñiex’ et elle pourra envisager d’avoir librement des rapports sexuels même en dehors du mariage ‘Loomoonul  ñiakk faaw moo aam’.

Donc, elle peut dire librement ‘ koo mayy teul , kooy tass samma cheveux’,’ Kooy teul samma perruque’ ?’Si elle n’est pas encore mariée, elle pourra savourer l’idée qu’elle a des prétendants en chantant comme Coumba Galo Seck ‘Amna koo nekk si raang bi. Aam na kuyy feugg’. En attendant le ‘Godot charmeur’, la femme qui a des rapports sexuels débridés se fera appeler ‘Diankou Pharmacie’ car elle aime prendre des pilules pour éviter de tomber enceinte. Cette ‘Diankou Pharmacie’  qui aime aller en boite de nuit, s’amuser en gardant sa liberté, danser sous la musique de Wally Ballago Seck ‘Gooney Wally Yé’ en risquant d’être appelée une ‘Koba’, une fille sexy qui n’a peur de rien, une allumeuse qui doit éviter le ‘Waari’ (predateur), celui qui applique la philosophie sociale du ‘Vitefait bien fait’ car ce n’est pas un ‘Goor Yaye Mayy ma   ñiex’ ; il a l’habitude de bifurquer et de draguer les filles en pratiquant le  ‘djadee koñe’ et il aime les filles qui regardent Yama de la Sen TV en pratiquant le ‘Raacc’ (To chill en Anglais) couplé au ‘Déff loo bonn’. Cependant il demeure une grande différence entre les femmes ‘ÑUUY  DÉMM ‘ et les femmes ‘ÑUUY  MAANOO’ tout en ne voulant pas être des ‘Tatoo Bol’ (quelqu’un qui se contente des restes, une fille qui sort avec un homme qui a une ou deux femmes), elles ne veulent pas finalement renoncer a leur sexualité.

Toutes ces expressions ‘virtuemes’ sont porteuses, virtuellement, d’un sens qui ne s’est pas encore exprimé (le virtuel s’oppose au réalisé) et dont l’apparition se trouverait justifiée par la potentialité sémantique dont il est porteur du fait de ses multiples emplois. Ainsi, si « koba » peut signifier "gazelle" ou "une vieille prostituée ; ce terme comme tant d’autres est directement porteur de sens pluriels (une fois de plus on ne pourrait les répertorier dans un dictionnaire) car ces mots ont dans leur sémantisme des traits qui —sans être explicites— sont potentiellement disponibles dans le marche culturel et linguistique sénégalais, ce qui leur donne la capacité d’« accueillir » des sens non prévus qui sont apportés par un contexte interdiscursif.

C’est aussi cette virtualité qui permet d’expliquer l’évolution du sens des mots. Comment est-on passé de « Tchagga » à « koba » ? C’est donc bien par le biais de cette virtualité propre à la société du spectacle que s’établit un lien potentiel entre sens de langue et sens de discours à condition d’admettre cependant que cela ne se fait pas nécessairement par continuité. C’est plutôt que le sens de discours se développe à travers les savoirs enfouis dans notre inconscient culturel et linguistique qui se construisent dans la pratique sociale, il se trouve ensuite comme "inoculé" dans le registre linguistique de l’animateur télé qui après quelques hésitations finit par l’accepter, voire l’intégrer au point, peut-être, de se l’approprier et de le légitimer.

 

3. Le Langage Super Bougna : KHANA NEX ?

Imaginez in dialogue virtuel entre Abba (Sen TV) et Pape Cheikh Diallo (TFM) qui sont des animateurs hors pairs ayant de nombreux sponsors et téléspectateurs qui adorent leurs codes langagiers et vestimentaires et qui les considèrent comme des références culturelles. Selon Abba No Stress, ‘Daraa Xéwool’ et il n’y a pas lieu de s’inquiéter car dans ce Sénégal nouveau tout va bien malgré la crise économique et la perte des valeurs morales. Il faut simplement faire du ‘Raay’ (ne pas aller droit au but) tout en faisant croire aux sponsors qu’il vaut mieux ‘Wax Tooti dieuf loo bari’ sinon le téléspectateur dira que l’animateur ‘Daffa planké’ (il ne sait plus quoi dire) et celui-ci lui rétorquera ‘Xana Nex’. Abba tout en rejoignant la cuisine dira à Yama tout en reprenant la chanson de Wally Ballago Seck ‘kooy teul sa perruque ?’  Ou bien veux-tu faire du ‘Laalal Bassaang’ ?

Si Yama a envie de faire les deux en même temps, Abba lui dira tout simplement « Lii mo daak nex » en faisant un clin d’œil au sponsor majeur (Sargalexxx) en sirotant une boisson XXXX ou en faisant la promotion d’une société de transfert d’argent. Avec ce langage ‘with no stress’ on aura envie de dire ou d’expertiser ces nouvelles tendances langagières reprises par toutes les sociétés de la place comme la Sonatel, Tigo, Waari, Jooni Jooni en se demandant ‘looy tendance bi’ ? En cherchant la réponse on a une envie folle de rester cloitré à cette vitrine télévisée représentant la société du spectacle car dans cette arène ou ‘keur gui’ on réalisera que ‘keur gui Xamnee daara douffa diekh’ car les sponsors de ces shows télévisés nous font croire que ‘Keur gui oobil  ñañoo ko nieup ñepp’ .

Ces animateurs en faisant des clins d’œil quotidiens à leurs sponsors font de même avec leurs amis chanteurs en louant leurs capacités vocales et financières tout en nous répétant que ‘Balla   ñooy  Xooss di Ibbi Bennenn  Pakeett bou bess (introduire un nouveau thème selon Deguene Chimere de la TFM dans son émission Waaref) on doit dire a son invite du jour ‘Yoo Raffett yi may deff’ et pourtant je ne suis pas un ‘Djayy Taar’ (frimeur) ; je veux juste que mes téléspectateurs soient contents et je leur donnerai volontiers le numéro de téléphone de mon coiffeur et de mon tailleur. Selon les circonstances l’animateur veut faire savoir aux téléspectateurs que ‘Doo Yomba dee’ pour reprendre la rhétorique des ‘Balla’ et consorts et en même temps leur rappeler que les sponsors (habituellement les sociétés de transfert d’argent) offrent des cadeaux en continu pour dire simplement ‘Kooñoo ko Rimbaax niou Timbaax la ko’.

Dans le même ordre d’idées, certains animateurs de ces télés urbaines sont de véritables stars et leurs amis promoteurs de combats de lutte ont un plaisir réel en leur disant s’ils ont le vent en poupe, ‘Abba’ ou Becaye, ‘Amnga Drapeau’, c’est donc le grand jour et il faut faire appel aux sponsors. Mais pour conclure on pourra dire simplement que ‘Yi ayy Facon wou kheum la’. Le langage Super Bougna est fait pour plaire à tout le monde. ‘Xana Nex, Xana Xemm Nga’ ? Ndieme ne dira pas le contraire. Pour le moment, je m’excuse pour ces tribulations langagières. Je ne saurais qu’imiter Mamy la Linguère dans l’emission Waaref et dire avec sagesse ‘Ma demm yoboo Nouyo déloossi’, n’est-ce pas Youssou, car ‘Koo yokk Tcheree dolli  ñiex’. Décidément avec le groupe ‘Keer Gui’, Tayy  ñioo Tocc Fii’ pour reprendre les mots de Ahmed Aidara. XANA NEX.

Ces nouveaux codes langagiers représentent une stratégie de marketing que certains annonceurs ayant leur propre agenda et voulant augmenter leur chiffre d’affaires autant que possible et donc vendre plus, introduisent dans cette lucarne magique qu’est la société du ‘Béggé. Ingrid Piler a trouvé les mots justes pour décrire ce phénomène social en précisant que

the commodification of language largely examined how languages are exploited for consumerist purposes, including selling to target populations; Youth language is commodified for consumerist purposes, as it appears in advertisements for products geared toward the upwardly mobile, educated young adult population with means (Piller, 2001, p.153)  

Cependant, la cible première est la tranche d’âge des jeunes qui consomment les produits proposés. Ainsi, pour les atteindre plus facilement, il est important d’utiliser leur langage afin de les amener à s’approprier le message. Comme le dirait Mnaye Dieye Faye, en faisant un clin d’œil à ‘Kadi’, ‘Saff, Séll, Té Wor, Xana Nex’. Que Vive le Langage Super Bougna.

 

BIBLIOGRAPHIE

-   Charaudeau, Patrick 1997. Le discours d'information médiatique. La construction du miroir social, Paris, Nathan / Institut national de l'audiovisuel (coll).

-   Fairclough, Norman, 1992. Discourse and Social Change. Cambridge, UK. Polity Press.

-   Piller, Ingrid, 2001. Identity constructions in multilingual advertising Language in Society, Volume 30, Issue 2  April 2001, pp. 153-186 .

-   Schönwasser, Marianne. De la jactance à la tchatche. Le monde de l’éducation. N° 324, avril 2004, p.44.

-   Van Dijk 1993. Society, cognition and discourse: In Chinese, collection of articles translated from English). Beijing: China Book Company, 1993.

-   Wodak, Ruth, 1996. Disorders of Discourses. London: Longman.