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Cultures urbaines et intelligences sémiotiques[1]

Kalidou SY, GRADIS / Université Gaston Berger de Saint-Louis, CeReS / Université de Limoges

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Résumé

Les dynamiques urbaines de par leur ampleur et leur complexité obligent à envisager la ville à la fois comme espace physique et comme espace symbolique. Du point de vue de ses morphologies et de ses mythologies, l’espace urbain articule des langages, des symbolicités et des systèmes sémiotiques retors. Il est donc important de se demander dans quelle mesure les rationalités sémiotiques sont –elles pertinentes pour appréhender les cultures urbaines et essayer d’en saisir les grammaires en tant que modes d’articulation.  D’où la nécessité d’indexer les niveaux de pertinence du processus de construction du sens en même temps que l’ambivalence des frontières et des seuils. Il sera enfin possible d’interroger ces cultures urbaines comme des pratiques et comme des discursivités.

Mots-clefs : Pratiques urbaines, discursivités sociales, complexité, niveaux de pertinence, (inter)sémioticités, production du sens, énonciation. 

 

INTRODUCTION

La ville est devenue au fil du temps l’expression exemplaire d’une mise en situation de configurations hétérogènes suivant l’agencement des temporalités et des spatialités (Maïté Clavel ; 2002). De quelques points de vue qu’on les envisage d’ailleurs, ces espaces - temps urbains déploient, mutatis mutandis, des interactions entre sujets sociaux, entre actants pour faire émerger des valeurs et des modalités de leur circulation. Ils instruisent de nouveaux modes de vivre ensemble, de nouvelles procédures de faire sens, de nouvelles territorialités. Ils engagent de ce fait même et de façon continue une sémiosis sociale singulière. Ces configurations instaurent aussi une dynamique interlocutive entre sémioticités et se donnent à lire radicalement comme sémiosphère, pour reprendre Lotman (Youri Lotman; 1999), comme intersémioticité plus exactement ici. Cependant, l’institution des cultures urbaines à la fois comme paradigme et comme symbolicités dans l’espace-temps urbain intime de lire ces processus comme pratiques sémiotiques stratégiques entendues comme pratiques concurrentes et comme conjonctures (Jacques Fontanille; 2008), et de ce fait même elles se lisent aussi en tant que pratiques procédurales. Le mouvement Hip Hop, dans sa diversité d’expressions (chants, danses, tags et graffitis, pratiques sportives, etc.), occupe une position centrale dans les pratiques urbaines, dans les rituels de réappropriation de l’espace-temps urbain et dans les processus d’institution de sujets actants et d’instances énonciatives.

Dans ce qui suit nous définirons d’abord les cultures urbaines, ensuite nous en explorerons la complexité avant d’indiquer les perspectives anthropo-sémiotiques qui sous-tendent toute cette réflexion.

 

I) Définir les Cultures urbaines

Il faut revenir au syntagme même et distinguer les « Cultures urbaines » de la « Culture urbaine » pour lever un certain nombre d’équivoques. « Culture urbaine » au singulier peut s’entendre comme un ensemble de normes, de règles et de pratiques générées par la ville et qui contribuent en retour à lui façonner un visage, une identité en somme. De ce point de vue alors, la ville est un terrain, un objet surtout pour la distinguer de la campagne et du rural. Quand bien même les « cultures urbaines » de façon générale dériveraient du mouvement Hip Hop, il faudrait entendre par ce syntagme un ensemble composite où se retrouveraient de la musique (rap, slam, danses, etc.), des arts graphiques (dessins, tags, graffitis, etc.), des arts numériques (vidéos, photos, installations, etc.), des pratiques sportives (skateboard, roller street, streetbike, basket de rue, etc.), des performances qui font cohabiter concurremment plusieurs de ces pratiques et probablement un modèle d’architecture et d’aménagement de l’espace qui induit des modalités particulières de vivre ensemble et de faire avec (comme les HLM et les cités assimilables). On peut donc dire qu’elles sont à la jointure de l’artistique, du social et du culturel. On peut aussi, de ce point de vue, définir les cultures urbaines comme un ensemble de pratiques stratégiques prenant place dans l’espace de la ville suivant une démarche d’appropriation et de territorialisation. Appropriation veut dire ici inscription d’un processus de réaffectation des parts dans ce qui est du public, de redistribution dans le commun du communautaire[2] ; et territorialisation fait entendre l’institution d’un protocole de singularisation, des procédures d’émergence d’une altérité. Cette diversité, voire cette hétérogénéité des sujets actants et des pratiques dans l’espace de la ville, fait éclater les approches du fait culturel urbain et des pratiques urbaines. De ce point de vue donc l’expression pratiques urbaines, plus englobante, serait plus appropriée pour désigner ce tout hétéroclite. En réalité d’ailleurs, quand on y regarde de plus près, on s’aperçoit plutôt que la plupart des sciences humaines et sociales procède par segmentation mais toujours en partant de la ville comme fondement, comme base, j’allais dire comme infrastructure. Et les cultures, elles, sont vues comme une superstructure. Toutes ces disciplines s’accordent au moins pour tenir l’espace urbain et ce qui s’y passe comme langages dont il faut décrypter le faire sens.

Dès lors, le qualificatif « urbain » devient un patron productif dans l’élaboration des méthodologies pour analyser la mise en relief d’une des dimensions de cette urbanité: la sociolinguistique urbaine, issue de la sociolinguistique, étudie les variations socio-langagières produites par et dans la ville[3]. Elle ne se focalise pas sur les cultures urbaines entendues au sens du mouvement Hip Hop, elle tente plutôt d’établir ainsi des corrélations entre collectifs, espaces et codes langagiers/linguistiques; la sociologie urbaine  étudie les dynamiques de changement social, les modes de redistribution des statuts et des rôles dans l’espace urbain[4] ; l’anthropologie urbaine, en s’intéressant aux modes de production de l’altérité dans les sociétés contemporaines ne pouvait trouver meilleur terrain que la ville actuelle pour la mise en scène de ses distances et de ses distanciations[5] ; la géographie urbaine tente de comprendre les logiques d’aménagement et d’agencement des espaces et des populations dans la ville et leurs évolutions[6] ; l’urbanisme étudie les méthodologies d’occupation, d’habitation en vue de rationaliser l’espace urbain par la planification[7]; l’architecture s’intéresse à l’immobilier et à la façon dont le bâtis s’intègre dans un système de cohérence fonctionnelle et identitaire[8] ; quant à la sémiotique urbaine, elle s’efforce de rationaliser les modes d’existence des objets et les procédures de production du sens dans l’espace urbain[9], en tant que ces procédures de production du sens relèvent d’abord de la conjonction d’un plan de l’expression et d’un plan de contenu : comment la ville fait-elle sens, en somme ? Mais la sémiotique urbaine elle-même est tiraillée entre la sémiotique de l’espace, la sémiotique de l’architecture, la sémiotique des cultures et la sémiotique des pratiques[10], au moins. On peut donc se demander légitimement si une sémiotique des cultures urbaines est une sémiotique urbaine, une sémiotique des cultures, une sémiotique des pratiques, une sémiotique de l’espace ou tout cela à la fois.

 Les cultures urbaines, elles-mêmes, ne facilitent pas la tâche aux chercheurs parce qu’elles brassent plusieurs pratiques hétérogènes dont les bords extérieurs, au moins, touchent à d’autres disciplines, d’autres configurations, d’autres logiques finalement. Mais, et c’est bien là le fondement de ma thèse, c’est que les cultures urbaines sont foncièrement et fondamentalement des discursivités sociales à l’intérieur de la ville qui est elle-même figuration de systèmes discursifs, d’intersémioticités. Cela entraine au moins deux conséquences méthodologiques : la première oblige à envisager les cultures urbaines comme des pratiques sociales structurées et structurantes, et la deuxième regarde ces pratiques sociales en tant que formes d’expression, en tant qu’ensemble de discours que la société tient sur elle-même comme altérité. Les cultures urbaines sont donc des constructions discursives du social, des configurations discursives du social. On peut alors les interroger suivant une double articulation : suivant la façon dont elles articulent leur propre cohérence, leurs propres sémioticités en tant que niveaux de pertinence d’une part et d’autre part la manière avec laquelle elles s’articulent sur des spatialités et des temporalités déjà là pour organiser des tactiques de détournement, de braconnage. Dès lors, une sémiotique des cultures urbaines est avant tout une sémiotique de l’hétérogène, une sémiotique de la complexité : une anthropo-sémiotique. En tant que discursivités sociales, les cultures urbaines s’inscrivent de façon irrémédiable comme polyphoniques, mieux comme dialogiques ; cette polyphonie et cette dialogie subsument au moins une hétérotopie et une hétérologie qui sont des manifestations de l’hétérogenèse irrémédiable qui structurent les pratiques urbaines. Il afflue dans ces discursivités sociales comme un feuilletage des temps et des espaces, comme une tension entre les niveaux de discursivisation, les lieux d’énonciation et les instances de l’énonciation. 

 

II) Cultures urbaines et complexité

La territorialité est indissociable de la question de l’altérité et des frontières séparant de l’autre et du dehors. On peut donc la définir comme perception de la différence et effet de bornage pour circonscrire un espace physique et/ou symbolique propre ; et il faut comprendre propre à la fois comme propre à quelqu’un, donc approprier (appartenance) et propre pour quelque chose, c’est-à-dire apprêter (fonction). La dimension éthologique reste prégnante dans ses usages en sciences humaines et sociales. On sait la façon dont les philosophes Gilles Deleuze et Félix Guattari, depuis leur Anti-Œdipe (1972), ont popularisé la notion de territorialisation avec ses versants, déterritorialisation et reterritorialisation, pour en faire un processus dynamique et créatif. De ce point de vue, pointer la territorialité dans les pratiques urbaines, c’est indexer ces pratiques comme procédures de subjectivation ou plus exactement de trajectivation, pour reprendre le concept de Berque, c’est-à-dire ce double mouvement de cosmisation de notre corps et de somatisation de l’espace. La territorialité est alors un effet d’occupation et de positionnement, une manière d’affirmation d’une identité, individuelle ou collective, et de la disposer en face d’une différence. Elle est une façon tout aussi bien de se tenir comme différence. Elle est de fait une production de l’altérité. Considérées ainsi, les pratiques urbaines deviennent des procédures de symbolisation, de sémiotisation et en elles –mêmes, des formes de sémiosis. Une territorialité, dans le jeu des pratiques, est donc un chiffrage urbain, une redistribution des codes et des codages pour imposer à la fois une visibilité et une lisibilité autres. Rancière dirait «une redistribution des parts dans le sensible »[11], un repartage du sensible alors. La renégociation des spatialités et des temporalités contribue à faire émerger de nouvelles grammaires du sens. En mettant en circulation des signes et des signaux, en définissant les modalités de leurs usages de communication, de reconnaissance ou de (re)construction de liens, les acteurs en tant que sujets de culture élaborent pour eux-mêmes et pour les autres des modes d’organisation alternatifs. C’est donc du point de vue des procédures de modalisation qu’il faut interroger la territorialisation des pratiques urbaines. L’inscription des pratiques urbaines d’un point de vue praxique et praxéologique reconfigure les univers de sens par un déplacement continu des frontières et des seuils : frontières spatiales, frontières temporelles, frontières symboliques et donc frontières sémiotiques aussi. Ces déplacements autorisent alors des passages entre systèmes de codage, de chiffrage et modèles cryptiques. A l’intérieur du mouvement Hip Hop par exemple, la façon dont les différentes disciplines ou sous disciplines, les diverses pratiques émergent et se différencient progressivement en rap, slam, graffiti, basket de rue, etc., sans jamais cesser d’être à la fois des sous-systèmes et des environnements de systèmes. Chacun de ces micro systèmes ne peut s’analyser qu’en référence au macro système que représente le mouvement Hip Hop tandis que le mouvement Hip Hop lui-même ne se comprend qu’au travers de ses manifestations que sont les micro systèmes rap, slam, graffiti, performance, etc. La différenciation n’est pas une dissociation dans ce cas de figure. On pourrait alors dire d’une certaine façon que le mouvement Hip Hop et plus généralement les cultures urbaines se donnent à lire comme systèmes autopoïetiques et autoréférentiels[12]. La territorialisation s’élabore ainsi dans une autopoïesis continue. C’est pour cette raison d’ailleurs que la territorialité dans les pratiques urbaines ne peut pas s’analyser de façon autonome mais seulement dans ses relations foncières avec son dehors. Et si on veut bien considérer la territorialisation comme lieu d’une praxis, mieux d’une praxéologie, on peut dire que la structure modale ne peut se réduire seulement à une question de pouvoir de la territorialité.

 

III) Anthropo-sémiotique des cultures urbaines

Le paradoxe des pratiques urbaines, c’est qu’elles se disent depuis leur désir de sens ou plus exactement elles s’énoncent comme désir de sens suivant le constat d’une vacuité, d’une rupture et d’une discontinuité dans le faire sens. Si l’on considère la ville comme un ensemble de discours et les cultures urbaines elles-mêmes comme un espace interdiscursif, un espace d’interlocution donc, l’inscription des pratiques urbaines dans la ville met en crise les règles déjà là de production du sens par l’introduction d’une discordance radicale. La superposition de ces espaces physiques et symboliques construits suivant des grammaires différentes, opacifie les ancrages syntagmatiques et paradigmatiques par un brouillage des régimes de sémioticité en œuvre. Par exemple lorsqu’un graffitiste s’empare d’une gare, d’une façade d’immeuble, d’un pont sur une autoroute, etc., il dé-figure l’objet par une désarticulation de la logique urbaine, de la logique des politiques urbaines, pour le trans-figurer littéralement. Un espace en tant qu’objet sémiotique, ne signifie pas seulement par sa cohérence interne mais aussi par la façon dont il s’articule avec ses environnements externes. Du fait même de ce jeu de dé-figuration et de trans-figuration, il se produit dans l’interprétant dynamique (pour parler comme Peirce) ce que j’appellerai l’effet palimpseste qui est une sorte de tension entre le déjà là qui affirme sa présence et l’alors qui n’est plus là mais criant la présence de son absence. Cette tension irrécusable donne à lire le déjà là comme violation de l’alors qui n’est plus là dans la continuité des mémoires et des imaginaires interprétatifs. Les cultures urbaines ainsi s’énoncent comme propositions de faire sens dans l’espace d’interlocution qui prend forme progressivement et de façon irrévocable. Tout espace sémiotique est fondamentalement un espace d’interlocution, une interdiscursivité et une intermédialité donc. De ce point de vue, la coprésence d’une double sémioticité fait sens dans ses oppositions contradictoires-mêmes en se donnant à la fois comme euphorique et dysphorique. Mais cela veut dire aussi que les sémioticités coprésentes ne signifient pas chacune de son côté, séparément, leur processus de production du sens est foncièrement dépendant des procédures d’articulation des hétérogénéités en présence. Il n’y a pas de pratiques urbaines déliées des formes de contestation des logiques urbaines, elles se présentent comme des manières autres de ces logiques urbaines qu’elles remettent en question. En ce sens, l’hétérogène est le mode radical de donation de sens des pratiques urbaines et plus fondamentalement des pratiques sémiotiques de façon générale. Une pratique urbaine en tant que pratique sémiotique est d’emblée une pratique complexe qui intime une sémiotique de la complexité sinon de l’hétérogénéité. On peut faire alors l’hypothèse suivant laquelle que c’est en agissant conjointement sur les spatialités et sur les temporalités pour circonscrire des territorialités physiques et/ou symboliques, que les pratiques sémiotiques en général et les pratiques urbaines en particulier prennent place comme sémiosis sociale pour réinterroger, dans les rituels du quotidien (pour parler comme Goffman), les normes sociales dans l’imaginaire collectif[13].

 

CONCLUSION 

Si la sémiotique est bien une science du sens, une science qui étudie comment les signes signifient, une anthropo-sémiotique ou sémiotique de la complexité enracine cette signification dans la société et dans les interactions symboliques. La rationalité sémiotique, en interrogeant la praxis sociale comme actualisation locale de formes énonciatives par des instances d’énonciation, postule l’immanence du sens et ses niveaux d’appréhension. De ce point de vue alors, ces niveaux d’appréhension peuvent être décrits comme des zones articulées autour de partage de règles de production et de réception, de partage des codes régissant les interactions symboliques.  Ces zones délimitent ainsi des niveaux de pertinence et font de leurs frontières des seuils où se jouent les tensions entre l’intérieur et l’extérieur, le même et l’autre, entre l’ici et l’ailleurs.

Autant il est important alors de déterminer les règles qui gouvernent chaque zone, chaque niveau de pertinence autant il est tout aussi important de décrire les règles de passage d’une zone à une autre, d’un niveau à un autre et qui permettent de justifier ou de légitimer le postulat de l’immanence du sens. Ce qui permet aussi de lire ces zones de pertinence comme articulation de systèmes et comme macro système, selon l’angle d’analyse.

Les cultures urbaines ou plus exactement les pratiques urbaines, en prenant forme dans l’espace de la ville, conjuguent des spatialités et des temporalités discordantes en elles-mêmes pour spécifier, démarquer des micro systèmes ou micro pratiques qui sont en même temps des parcours de sens : faire sens et donner du sens. Le rap, le slam, le street art, la danse, la banlieue comme les cités HLM, etc. permettent de percevoir et d’analyser cette sémiosis sociale en œuvre continuellement pour instruire la communication, a la fois médiation et médiatisation, et la cognition sociale. 

Ce que cette synthèse a tenté de mettre en évidence et de discuter très rapidement, du reste. Une manière d’appliquer aussi les intelligences sémiotiques.  

                       

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[1] Ce texte est une synthèse d’un article déjà paru dans la revue GRADIS, N* 1, Septembre 2015, intitulé “Cultures urbaines et sémiotisation. Point de vue théorique”.  Cette synthèse porte, comme on le constate, un autre titre et d’autres sous titres, pour les besoins de l’intervention donnée lors de la journée sur les cultures urbaines tenue le 15 mai 2016 a l’Université Assane Seck de Ziguinchor.

[2] Rancière, J. (2000), Partage du Sensible, Paris, Découverte

[3] Bulot, T., Bauvois, C. et Blanchet, Ph., sd. (2001), Sociolinguistique urbaine. Variations linguistiques : images urbaines et sociales, Rennes, PUR ; Calvet, L.-J. (1994), Les voix de ville, Paris, Payot

[4] Clavel, M. (2002), La sociologie de l’urbain, Paris, Editons Economica ; Rémy, J., (1987), « Bilans et tendances de la sociologie urbaine de langue française depuis 1945 » In Espaces et Sociétés, N° 48-49 ; Marpsat, M., (1999), « La modélisation des « effets de quartier » aux Etats-Unis. Une revue des travaux récents. » In Populations, N°54, Vol.2 ; Ostrowetsky, S., (1996), Sociologues en villes, Paris, L’Harmattan   

[5] Althabe, G. et Comolli, J.-L., (1994), Regards sur la ville, Paris, Editions Centre Pompidou ; Métral, J., sd, (2000), Cultures en ville ou de l’art et du citadin, La Tour d’Aigues, Editions de l’aube ; Hannerz, L. (1985), Explorer la ville, Paris, Minuit ; Augé, M., (1992), Non-lieux. Introduction à une anthropologie de la surmodernité, Paris, Seuil ; (1994), Pour une anthropologie des mondes contemporains, Paris, Flammarion

[6] Roncayolo, M, (1990), La ville et ses territoires, Paris, Gallimard ; Harvey, D, (2008), Géographie de la domination, Paris, Les Prairies ordinaires

[7] Choay, Fr, (2006) Pour une anthropologie de l’espace, Paris, Seuil ; (1965), L’urbanisme, utopies et réalités. Une anthologie, Paris, Seuil

[8] Nopen, L, sous la dir., (1995), Architecture, Forme urbaine et identité collective, Laval, les éditions du Septentrion ; Paquot,Th. & Younès, Ch. (2000), Ethique, Architecture, Urbain, Paris, La Découverte

[9] Lamizet, B., (2007), « La polyphonie urbaine : essai de définition », Communication et organisation, N°32 (La ville dans tous les sens), disponible sur http://communicationorganisation.revues.org/1141 (consulté le 19/05/2014)

[10] Hammad, M., (2010), Palmyre. Transformations urbaines. Développement d’une ville antique de la marge aride syrienne, Paris, Geuthner; Fontanille, J., (1989), Les espaces subjectifs, Paris, Hachette; Fontanille, J., (2008), Pratiques sémiotiques, Paris, PUF ; Landowski, E., (2009), « Régimes d’espace », Actes Sémiotiques, en ligne http://epublications.unilim.fr/revues, (Consulté le 19/05/2014); Bertrand, D. (2009), « De la topique à la figuration spatiale »,Actes Sémiotiques, en ligne http://epublications.unilim.fr/revues, (Consulté le 19/05/2014); Zilberberg, Cl., (2008), « Contribution à la sémiotique de l’espace », Nouveaux Actes Sémiotiques, en ligne sur http://epublications.unilim.fr/revues, (Consulté le 19/05/2014); Sansot, P., (1973), Poétique de la ville, Paris, Klincksieck ; Lotman, Y., (1999), La sémiosphère, Limoges, PULIM mais aussi du même auteur (2004), L’explosion et la culture, Limoges : PULIM, Nouveaux Actes Sémiotiques

[11] Rancière, J. (2000), Partage du sensible, Paris : La Fabrique

[12] La sociologie Luhmannienne, de façon remarquable, tente un nouveau paradigme à partir de l’analyse des systèmes sociaux et leurs environnements en partant de la perspective du fonctionnement des organismes vivants. Cf. (2011), Les systèmes sociaux. Esquisse d’une théorie générale, Laval, P.U. de Laval (traduction de Lukas K. SOSOE). Mais c’est plutôt chez Edgar MORIN que la Complexité devient véritablement un paradigme et nourrit une pensée profondément relationnelle, auto-organisationnelle. Cf. (2005), Introduction à la pensée complexe, Paris, Seuil

[13] C’est pour cela qu’il y a un paradoxe inquiétant lorsque les politiques publiques urbaines cherchent de plus en plus à aménager des espaces pour abriter les pratiques urbaines, à organiser des festivals et des expositions dédiées aux cultures urbaines, parce que c’est bien là des stratégies de normalisation, de légalisation de pratiques qui ne s’élaborent que dans la face à face entre la légalité et l’illégalité, entre le pouvoir et sa marge (l’autre radical du pouvoir et du centre). C’est pourtant dans la fabrication de sa marge que le pouvoir se donne comme singularité en produisant de la différence et non dans la normalisation de « l’anormal ».  

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